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USA vs HUAWEI

Espère le meilleur, prépare-toi au pire. Ce dicton, les cadres de Huawei ne font pas que le méditer, ils l’appliquent. Sous le coup d’un blacklistage de Washington qui pourrait le priver de briques importantes d’Android et du Play Store de Google (délai de 90 jours), Huawei pourrait précipiter le déploiement de son OS alternatif à Android dès l’automne. Un système qui pourrait exécuter de manière native les apps Android. Cela semble probable puisque une partie du code Android est sous licence open source et Huawei peut s’appuyer largement sur cette base.

Tout part d’un décret : Huawei, victime d’une guerre économique entre deux puissances?

Depuis quelques semaines, le torchon brûle entre le gouvernement américain et la firme Huawei. Donald TRUMP a en effet signé un décret interdisant aux entreprises de télécommunication américaines de se fournir auprès d’entités étrangères jugées à risque. Le décret en question ne nomme ni la Chine, ni Huawei. Ce texte doit permettre aux Etats-Unis de prendre des mesures contre les « actes malveillants favorisés par Internet, dont l’espionnage économique et industriel ». Selon la Maison Blanche, la firme chinoise serait un « adversaire étranger » quand bien même les projets d’expansion américaine de ladite firme étaient abandonnés depuis plusieurs mois déjà. Selon certaines indiscrétions, Trump veut surtout s’assurer que la Chine ne devienne pas numéro 1 mondial sous sa présidence.

Actes – Conséquences – Raisons

Depuis quelques semaines, on apprenait que Google retirait officiellement sa licence Android à la firme ainsi qu’à sa filiale Honor. La firme aura un accès moins aisé aux mises à jour de sécurité et aux nouvelles versions d’Android. Ses smartphones, surtout, ne pourront plus désormais utiliser Google Play et plus largement toutes les applications de la suite Google. Les trois plus gros fondeurs américains (Intel, Qualcomm et Broadcom) ont également exclu Huawei de leur carnet de commande. Microsoft devrait suivre leurs pas dans les jours à venir. Certaines entreprises européennes devraient également faire pareil, se sentant obligées de respecter le décret hors des frontières américaines. Les raisons sont multiples : Avoir une filiale aux Etats-Unis ou un besoin d’accès aux composants américains. La firme japonaise Panasonic a ainsi décidé de ne plus fournir de composants à Huawei . Voici tout ce que l’on sait.

Malheur des uns ou bonheur des autres ?

Relevons également que les malheurs de Huawei pourraient avoir de grandes conséquences pour le développement de la 5G. Nokia et Ericsson en particulier verraient l’exclusion de Huawei comme une opportunité sur le long terme. Nokia a ainsi annoncé remplir rapidement son carnet de commandes depuis le mois d’avril.

Huawei craignait cette éventualité depuis un certain temps et s’y préparait.

Des mois en amont, la firme a acheté un stock de puces Qualcomm, Broadcom et Intel pour couvrir ses besoins immédiats. Elle assure ainsi avoir assez de stock de composants américains pour tenir toute l’année. Pendant ce temps, Huawei travaille à développer ses propres alternatives (projet sur lequel ses ingénieurs travailleraient depuis 2012). On sait que la marque travaille ainsi sur un OS alternatif à Android et Windows et mis au point une alternative au Google Play Store, App Gallery. Même si cet OS était d’une qualité suffisante pour égaler l’Android de Google, se pose toujours la question des applications et des services américains. Sans Facebook, YouTube, Netflix, Snapchat ou Messenger, ces terminaux auraient un attrait limité notamment en Europe. Huawei est encore loin de l’émancipation totale aux technologies américaines.

Mise à mort ou opportunité ?

Si les USA et la Chine ne trouvent pas un terrain d’entente, Huawei pourrait être sérieusement handicapé à la fin de l’été. Le géant chinois perdra rapidement sa place de numéro 2 mondial des smartphones, acquise après des années de travail acharné. Par ailleurs, aussi grave que soit le constat à court terme, ces difficultés pourrait forcer l’entreprise à accélérer ses efforts pour s’affranchir des technologies étrangères. Un chemin qui serait financièrement lourd et techniquement ardu, mais qui bénéficierait sans doute du soutien inconditionnel de Pékin. Une nouvelle donne qui pourrait mener, en cas de succès, à un nouvel ordre technologique mondial.

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